
Une fois n’est
pas coutume, une réaction immédiate a été observée après la provocation
insoutenable de la désormais tristement célèbre Miss Diongoma. Pour une fois,
les confrères de tous organes confondus ont fustigé et dénoncé cette atteinte aux bonnes mœurs voire.
Les dénonciations ont été unanimes, même s’il faut en profiter pour situer les responsabilités
de la presse dans cette mode de voyeurisme et de l’indécence.
En réalité, si
Mbathio, Ndeye Gueye, Miss Diongoma en sont venues à penser qu’elles sont adulées
ou sont des stars, la faute incombe aux confrères d’une certaine presse qui a
fini d’installer l’indécence et la vulgarité
dans nos regards par le truchement des photos diffusées sur internet,
des émissions télés et des clips.
Au Sénégal, l’arrivée de toute cette horde
d’impertinents, de danseurs, de lutteurs, de jet jeteuses vulgaires coïncide
avec l’avènement d’une presse dite people avec des jeunes formés sur le tas qui
ont profité des carences remarquables de
la régulation des medias. Les observateurs avertis de la société sénégalaise
ont noté que ces phénomènes de dégradation
des mœurs s’est accélérée depuis …2005, année de naissance du boom de la lutte
et des clips vulgaires dans nos télévisions. L’avènement des sites internet
d’information people a accentué les dérives
surtout avec l’arrivée d’une nouvelle génération d’e-journalistes et
photographes paparazzi jeunes, pas formés aux règles journalistiques.
Faites un tour
aux Almadies dans certaines boites de nuit, vous découvririez un Sénégal différent
de celui dans lequel vous pensez vivre. Il faut le dire pour le regretter, les autorités
ont laissé pourrir une situation devenue
presque out of control. A commencer par le CNRA qui est dans une position de permissivité
incroyable devant les dérives notées dans les medias audiovisuels. J’ai été déçu
quand Babacar Toure, nouveau président de cet organe, dire qu’il ne sera pas un
gendarme de la presse. Dommage, notre grand frère et doyen a raté une occasion de rétablir l’autorité du CNRA
dont la mission est aussi de sauvegarder les bonnes mœurs dans les medias. Tout
le monde sait qu’il ya quand même des dérives dans la presse sénégalaise. La
courageuse Diatou Cisse ancienne SG du Synpics l’a toujours reconnu, mais elle
n’a jamais été soutenue dans ce combat pour l’assainissement du secteur de la
presse.
Au nom de la liberté de la presse doit-on tout dire, tout
montrer ? Je pense que les Sénégalais en ont assez des dérives de langage,
de tenues quotidiennement véhiculées dans les radios, les télés et autres
supports.
En réalité, ces
images choquantes sont un couteau à double tranchant pour les medias :
devant le devoir d’informer les confrères se laissent souvent anesthésier en
oubliant le filtrage de la responsabilité qui incombe à chaque journaliste ou
reporter. Certains me diront que la presse n’est que le miroir de la société,
mais elle a aussi, disais je, la capacité à protéger cette même société dans le
respect de la clause de conscience.
Mbathio, Ndeye
Gueye et consorts sont sur tous les plateaux des grandes émissions de nos
chaines de télé et radio, les mannequins sont les chouchous des medias
audiovisuels et des portails web.
Pour faire le buzz et capter l’audimat, les
medias s’arrachent ces stars d’un genre nouveau ou les lutteurs.
Résultat : nous avons laissé
s’installer la vulgarité, l’indécence et l’impudeur. Il faut quand même
dire que si ces nouvelles stars ont du succès c’est à cause de la dégradation
des mœurs et de l’indigence morale et sexuelle de la société sénégalaise.